Il aimait Léo Ferré. Et ses amis. Et les femmes. Et
la mer…
L’annonce du décès de Gérard ROUX, emporté par un
infarctus à l’âge de 50 ans, sème la consternation
parmi les anciens marins de la région Annemassienne,
regroupés dans l’Amicale La Flotte.
Il en était le délégué régional pour Rhône-Alpes.
Né à Bordeaux le 05 Août 1950, aîné de 3 enfants, il
s’engagea dans la Marine Nationale dès 18 ans,
réussit la formation de commando fusilier marin à
Lorient, puis s’embarqua vers Nouméa et Papeete.
Gégé aimait raconter ses rencontres avec les Kanaks,
dont il appréciait la médecine traditionnelle et le
sens de l’honneur. Il était alors le bosco de la « Tianée »,
petit bâtiment d’escorte. Il fut affecté ensuite à
la base nucléaire de Mururoa, en Polynésie
Française, d’où il ramena de merveilleux souvenirs
et une splendide collection de coquillages. C’est à
bord du prestigieux porte-avions « FOCH » qu’il
acheva 8 ans de voyages et d’aventures, pour revenir
entre Brest et Toulon.
De retour à la vie civile, Gérard intégra les PTT, à
Paris puis à Sainte Maure en Touraine, et enfin, en
Haute-Savoie ou pendant 20 ans il distribua le
courrier à Bonneville, à Bons en Chablais puis à
Douvaine dont il était facteur de secteur.
Marié à sa collègue Isabelle, il était le père de 2
enfants, Marcio et Virginie, qui lui apportaient de
douces joies.
Déjà victime d’alertes cardiaques, Gérard se mit au
service des autres. Il devint président de La
Flotte, ou les anciens appréciaient sa gentillesse
et les jeunes enviaient son dynamisme et sa gaieté.
Très disponible, il organisait volontiers réunions,
lotos, et sorties, veillait au respect des valeurs
de la loi 1901, et avait choisi de laisser sa place
à un jeune de 34 ans, Franck WALLRICH, pour présider
la section et se rapprocher des marins en exercice.
A table, il lui fallait une solide fourchette, une
bonne bouteille, et les repas finissaient toujours
en chanson, souvent des spécialités paillardes de
loup de mer, pour faire rire les hommes et rougir
les femmes…
Les femmes, il les aimait toutes, et savait
s’en faire apprécier. Il évoquait avec émotion sa
grand-mère, qui l’avait élevé à Périgueux, sa mère,
ses sœurs, ses voisines, ses conquêtes, ses
collègues de la poste, sa secrétaire… il les aimait
toutes, même les grincheuses ! et surtout il
recherchait leur affection. Nous sommes peu nombreux
à avoir connu ses soirs de fatigue, de doute, ses
coups de cafard noyés dans une bière au café
douvainois « Le Sarde ».
Parce qu’il gardait ses problèmes pour lui et nous
donnait toujours le meilleur, parce qu’il nous
souriait toujours, nous amusait, parce qu’il nous
invitait et nous consolait, parce qu’il réglait les
conflits comme un commandant de bord et balayait une
salle des fêtes comme un petit mousse, parce qu’il
vivait chaque jour comme une bordée d’escale, Gérard
manque à bord. Jamais son trou dans l’eau ne se
refermera.
Selon ses volontés, ses cendres ont été dispersées
par sa sœur Christine dans son cher Golfe de
Gascogne, lors d’une sortie en mer en présence de sa
famille et des ses amis. C’est le Président National
Maurice Rivat qui avait préparé et suivi la
cérémonie en mer, confiant avec émotion qu’il
voulait la même chose pour lui…C’est dire si le banc
d’Arguin est pour nous Flottards, bien plus qu’une
destination touristique.