La Flotte d'Annemasse

Biographie de Gérard ROUX
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  GÉRARD  ROUX

 

              1950 - 2001

 

 

 

     Il aimait Léo Ferré. Et ses amis. Et les femmes. Et la mer…

     L’annonce du décès de Gérard ROUX, emporté par un infarctus à l’âge de 50 ans, sème la consternation parmi les anciens marins de la région Annemassienne, regroupés dans l’Amicale La Flotte.

     Il en était le  délégué régional pour Rhône-Alpes.

     Né à Bordeaux le 05 Août 1950, aîné de 3 enfants, il s’engagea dans la Marine Nationale dès 18 ans, réussit la formation de commando fusilier marin à Lorient, puis s’embarqua vers Nouméa et Papeete. Gégé aimait raconter ses rencontres avec les Kanaks, dont il appréciait la médecine traditionnelle et le sens de l’honneur. Il était alors le bosco de la « Tianée », petit bâtiment d’escorte. Il fut affecté ensuite à la base nucléaire de Mururoa, en Polynésie Française, d’où il ramena de merveilleux souvenirs et une splendide collection de coquillages. C’est à bord du prestigieux porte-avions « FOCH » qu’il acheva 8 ans de voyages et d’aventures, pour revenir entre Brest et Toulon.

     De retour à la vie civile, Gérard intégra les PTT, à Paris puis à Sainte Maure en Touraine, et enfin, en Haute-Savoie ou pendant 20 ans il distribua le courrier à Bonneville, à Bons en Chablais puis à Douvaine dont il était facteur de secteur.

     Marié à sa collègue Isabelle, il était le père de 2 enfants, Marcio et Virginie, qui lui apportaient de douces joies.

     Déjà victime d’alertes cardiaques, Gérard se mit au service des autres. Il devint président de La Flotte, ou les anciens appréciaient sa gentillesse et les jeunes enviaient son dynamisme et sa gaieté. Très disponible, il organisait volontiers réunions, lotos, et sorties, veillait au respect des valeurs de la loi 1901, et avait choisi de laisser sa place à un jeune de 34 ans, Franck WALLRICH, pour présider la section et se rapprocher des marins en exercice.

     A table, il lui fallait une solide fourchette, une bonne bouteille, et les repas finissaient toujours en chanson, souvent des spécialités paillardes de loup de mer, pour faire rire les hommes et rougir les femmes…

     Les femmes, il les aimait toutes, et savait s’en faire apprécier. Il évoquait avec émotion sa grand-mère, qui l’avait élevé à Périgueux, sa mère, ses sœurs, ses voisines, ses conquêtes, ses collègues de la poste, sa secrétaire… il les aimait toutes, même les grincheuses ! et surtout il recherchait leur affection. Nous sommes peu nombreux à avoir connu ses soirs de fatigue, de doute, ses coups de cafard noyés dans une bière au café douvainois « Le Sarde ».

     Parce qu’il gardait ses problèmes pour lui et nous donnait toujours le meilleur, parce qu’il nous souriait toujours, nous amusait, parce qu’il nous invitait et nous consolait, parce qu’il réglait les conflits comme un commandant de bord et balayait une salle des fêtes comme un petit mousse, parce qu’il vivait chaque jour comme une bordée d’escale, Gérard manque à bord. Jamais son trou dans l’eau ne se refermera.

     Selon ses volontés, ses cendres ont été dispersées par sa sœur Christine dans son cher Golfe de Gascogne, lors d’une sortie en mer en présence de sa famille et des ses amis. C’est le Président National Maurice Rivat qui avait préparé et suivi la cérémonie en mer, confiant avec émotion qu’il voulait la même chose pour lui…C’est dire si le banc d’Arguin est pour nous Flottards, bien plus qu’une destination touristique.

 

                                         Marie-Christine Egger

                                        juin 2001 et mars 2007